Sarkozy vante le travail et attaque Hollande… qui réplique
Pour ceux qui en doutaient encore, Nicolas Sarkozy « est viscéralement humain ». Le compliment a clos l’intervention inaugurale de Marc-Philippe Daubresse, qui n’avait pas assez de mots pour exprimer son admiration envers celui qu’il appelle simplement « Nicolas ». C’était sans compter sur l’ex-garde des Sceaux et ses escarpins rouges. Rachida Dati, elle non plus, ne s’est pas économisée pour soutenir le candidat UMP : « Nicolas Sarkozy a restauré en 5 ans ce que la gauche a détruit en 20 ans », « Nicolas Sarkozy est le seul homme d’Etat capable de défendre la France et les Français ». Le camp UMP a résolument voulu apparaître uni et entièrement acquis à son candidat.
Le candidat, justement, a fait une entrée triomphale dans une salle galvanisée, scandant à n’en plus finir « Nicolas, Nicolas! ». Le président-candidat a mis peu de temps à rentrer dans le vif de son sujet : le travail : « je suis venu parler à la France qui travaille« ,a-t-il déclaré en préambule. La lecture d’une lettre envoyée par un ouvrier nordiste, comme une nouvelle preuve avancée par le candidat de sa proximité avec le peuple, a lancé son propos. « Le travail est la valeur cardinale de la République », a affirmé le Président. Un propos qu’il a défendu par une démonstration ferme et sans compromis : le travail comme condition au maintien de la solidarité nationale, le travail comme seule réponse à la crise, le travail comme seul moyen de rembourser les dettes… « En 2007, j’avais choisi le travail, je n’ai pas changé d’avis » , a précisé le chef de l’Etat.
Défendre son bilan
Deuxième étape de son argumentation : son bilan. Et en la matière, le président défend chaque mesure prise dans son quinquennat. L’allègement du coût du travail? La suppression de la taxe professionnelle? La création du RSA? Toutes ces mesures n’ont eu selon lui qu’un seul objectif : préserver et encourager l’emploi. « L’industrie, la production et le travail ont été replacé au cœur de la politique comme jamais depuis les 30 glorieuses », s’est félicité Nicolas Sarkozy.
Le temps de la campagne battant son plein, le chef de l’Etat a procédé à une attaque en règle du parti socialiste et de son candidat. Prenant soin de ne pas les nommer, il a fustigé ceux qui « sont obsédés par le développement de l’assistanat et de la clientèle ».« Eux, ils parlent de statut, moi je parle de travail. Eux, ils parlent à des castes, moi je parle au peuple de France », a lancé le chef de l’Etat devant une foule électrisée. Répondant aux critiques de l’opposition, il a déclaré que « ceux qui affirment qu’ils y auraient moins de chômeurs s’il y avait moins d’heures supplémentaires, ça montre qu’ils n’ont rien compris à l’importance économique du travail ».
Affichant un souci de « la vérité », (« je ne supporte pas que nos idées qui sont justes soient caricaturées »), Nicolas Sarkozy a défendu âprement ses réformes : « nous n’avons pas sauvé les banquiers, mais nous avons préservé l’épargne des français ». Fustigeant le fatalisme socialiste, il a loué son action pour sauver Alstom, Photowatt et Lejaby. Une action qui, estime-t-il, s’inscrit en complète opposition avec des socialistes pour qui le « on n’y peut rien » est la règle. Et c’est non sans ironie qu’il a rappelé les propos de Ségolène Royal et de Laurent Fabius à l’encontre de celui qu’ils soutiennent aujourd’hui : « Franchement vous imaginez François Hollande président de la République, on rêve », avait ainsi déclaré Laurent Fabius. Ségolène Royal s’est empressée de répondre à l’attaque du président sur Twitter : « Exploitation malhonnête et déformée de pseudo propos de primaires. C’est petit et nul. » C’est finalement un Nicolas Solennel qui a chanté La Marseillaise pour marquer la fin de son intervention.
De son côté, François Hollande a profité d’une réunion publique au Mans pour s’exprimer sur le sujet : « Le travail, c’est une valeur de la République, ce n’est pas l’apanage d’une famille politique, d’un camp, d’une idéologie ». « Le travail c’est ce qui permet d’avoir une utilité pour soi-même, son entreprise ou son administration. Le travail c’est ce qu’attendent des jeunes après avoir fait des études. Le travail, c’est ce qu’attend un chômeur, parfois depuis longtemps, à qui on n’a parfois proposé ni une formation ni un emploi, et qu’il n’a pas eu l’occasion de refuser« .
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