Définir un plan d’aide humanitaire international au peuple syrien, accentuer la pression sur Damas, les Amis de la Syrie, une soixantaine de pays, se réunissent ce vendredi en Tunisie.

Sur le terrain, les opposants ont lancé un cri de détresse depuis Homs, pilonnée par l’armée depuis 20 jours.

Le groupe des « Amis de la Syrie » se
réunit aujourd’hui à Tunis pour réclamer un « cessez-le-feu » immédiat
et un accès humanitaire. L’objectif est de mettre en œuvre les meilleurs moyens
pour aider le peuple syrien. Les principaux groupes d’opposition syriens seront
représentés, ainsi qu’une soixantaine de pays, dont la Belgique.

En revanche, la Chine et la Russie ont clairement
refusé l’invitation. Ces deux pays, qui constituent les deux principaux
soutiens au régime de Damas, sont opposés à toute ingérence extérieure dans les
affaires syriennes.

La porte-parole du Conseil national syrien, Bassma
Kodmani: « Nous demandons aujourd’hui
l’ouverture de voies de passage pour les convois humanitaires, très précisément
trois voies de passage, l’une du Liban vers la ville de Homs, l’autre de Jordanie
vers la ville de Deraa et la troisième de la Turquie vers la ville de Lattaquié. En
réalité, c’est les moyens de faire parvenir cette aide humanitaire
. »

Nouvelles violences et
nouvelles victimes jeudi

Au moins 60 civils ont été tués, jeudi, à-travers
la Syrie. Les chars de l’armée syrienne sont entrés en action à Homs, après
vingt jours d’intenses bombardements de ce fief rebelle. La répression se
poursuit également dans d’autres provinces du pays.

Le régime syrien a rejeté toute responsabilité dans
la mort des deux journalistes occidentaux, tués mercredi à Homs, dans un
bombardement. La reporter du Figaro, Edith Bouvier, et le photographe
britannique, Paul Conroy, ont été blessés dans le même bombardement. Dans une
vidéo diffusée sur You Tube, ils demandent un cessez-le-feu « au plus
vite » pour pouvoir être évacués au Liban.

Alors que la répression se poursuit en Syrie, l’ONU
affirme disposer d’une liste de hauts responsables soupçonnés de « crimes
contre l’humanité » en Syrie. Le dernier bilan fait état de 7600 morts en
Syrie, depuis le début de la contestation, il y a près d’un an.

Le correspondant de la
RTBF, Nicolas Henin, vient de se rendre en Syrie

Nicolas Henin a constaté la montée en puissance de
l’Armée syrienne libre, le bras armé de la révolution. Il relève aussi le
caractère de plus en plus confessionnel des affrontements entre, d’un côté les
alaouites et leurs alliés chrétiens, et de l’autre côté la majorité sunnite.

« On va
enlever 3 Sunnites dans un quartier et en rétorsion, le lendemain 3 Alaouites
seront enlevés dans un autre quartier puis finalement 2 jours plus tard, eh
bien, on trouvera 6 corps égorgés au bord d’une route, parce que les 2 camps
auront fini par abattre ces otages. Ca, c’est des incidents qu’on note vraiment
de plus en plus. C’est vraiment une très, très sale tournure que prend cette
révolution, malgré son caractère profondément spontané et national au départ.
C’est évidemment totalement faux, ce que dit le régime, que ce c’est une
révolution qui est instiguée par des partis étrangers et malgré des prétentions
démocratiques qui sont tout à fait authentiques. Mais les révolutionnaires pour
partie, tombent dans le piège communautaire et cette révolution est en train de
trébucher sur sa route
. »

Kofi Annan nommé
émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe sur la crise en Syrie

L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a
été nommé jeudi « émissaire conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe
sur la crise en Syrie
« , a annoncé l’ONU dans un communiqué.

Kofi
Annan sera assisté par un « adjoint choisi dans la région arabe« ,
précise le communiqué commun de Ban Ki-moon et de Nabil al-Arabi,
respectivement secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe. Le texte ne
donne cependant pas le nom de cet adjoint arabe.

L’émissaire
sera chargé « d’offrir ses bons offices afin de mettre un terme à toutes
violences et violations des droits de l’homme, et à promouvoir une solution
pacifique à la crise syrienne
« , poursuit le texte.

Le
communiqué commun fait en outre référence à la résolution sur la Syrie adoptée
par l’Assemblée générale de l’ONU la semaine dernière et aux « résolutions
pertinentes de la Ligue arabe
 » sur la crise syrienne.

Kofi
Annan « aura des consultations larges en Syrie et en dehors de la Syrie
avec tous les interlocuteurs concernés, de façon à mettre fin à la violence et
à la crise humanitaire
 » dans le pays. Il devra aussi, ajoute le texte,
« faciliter un règlement pacifique et complet (de la crise) conduit par
les Syriens eux-mêmes et qui réponde aux aspirations démocratiques de la
population à travers un dialogue politique large entre le gouvernement syrien
et l’opposition syrienne dans son ensemble
« .

Le
Ghanéen Kofi Annan, 73 ans, avait été secrétaire général de l’ONU pendant dix
ans, de 1997 à 2006. Il avait obtenu le prix Nobel de la paix en 2001,
conjointement avec les Nations unies.

Dans une
résolution adoptée massivement la semaine dernière, l’Assemblée générale de
l’ONU avait demandé à Damas de mettre un terme à la répression féroce menée
contre sa population civile et réclamé la nomination d’un envoyé spécial de
l’ONU. La Russie et la Chine avaient voté contre, après avoir opposé leur veto
à deux résolutions du Conseil de sécurité sur la Syrie.

Parmi les
candidats pressentis au poste d’émissaire figuraient aussi l’ancien président
finlandais Martti Ahtisaari ainsi que Mouloud Hamrouche, ancien Premier
ministre algérien, et Mohammed Sabah al-Salem al-Sabah, ancien chef de la
diplomatie koweïtienne, selon des diplomates.

Nicolas Willems, Daniel Fontaine
et belga

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