Syrie : au mois 28 morts dans une double attaque à Alep
Vendredi meurtrier à nouveau en Syrie. Deux attentats à la voiture piégée ont secoué Alep, le poumon économique du pays, faisant au moins 28 morts. Des attaques aidées par l’étranger, selon le gouvernement. Une façon de détourner l’attention des bombardements intensifs qui se poursuivent à Homs, selon des militaires dissidents.
SUR LE MÊME SUJET
Syrie : manoeuvres diplomatiques à Damas, Washington sceptique
Syrie : pourquoi la Chine et la Russie bloquent l’ONU
VIDEO. Syrie : nouveaux bombardements à Homs, au moins 24 morts
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 44 autres personnes ont été tuées dans la journée: 28 civils sous les tirs des forces de sécurité, essentiellement à Homs et à Alep ainsi que neuf soldats de l’armée régulière et sept déserteurs dans des affrontements à travers le pays.
Au moins 28 personnes ont été tuées et 235 blessées vendredi dans une double attaque à la voiture piégée contre deux bâtiments de la sécurité à Alep, deuxième ville de Syrie. «Un terroriste s’est fait exploser avec sa voiture à 100 mètres du portail» d’un siège des forces de l’ordre, a affirmé la télévision d’Etat en montrant le cratère occasionné par l’explosion. La seconde attaque a visé, selon la télévision, un bâtiment des renseignements militaires. Les attentats d’Alep sont survenus au moment où des protestataires se rassemblaient dans plusieurs villes syriennes pour dénoncer le veto russe il y a près d’une semaine à une résolution de l’ONU.
Le ministère syrien des Affaires étrangères a accusé des pays arabes et occidentaux de soutenir les auteurs dans ces attentats, dans des courriers adressés aux secrétaires généraux de l’ONU et de la Ligue arabe. L’armée syrienne libre (ASL), qui regroupe les militaires dissidents, a accusé le régime de Bachar al-Assad d’avoir commandité les deux attentats à la voiture piégée à Alep «pour détourner l’attention» de la répression, notamment à Homs. En décembre et en janvier, des attentats suicide avaient touché Damas, faisant quelque 70 morts, imputés là aussi par les autorités à des «groupes terroristes» et par l’opposition au régime qui refuse de reconnaître la contestation.
L’offensive se poursuit à Homs
A Homs, surnommée la «capitale de la révolution», des chars ont pris d’assaut le quartier Inchaat, que les soldats ratissaient maison par maison. Plus de 450 personnes ont péri dans cette ville depuis le début de l’offensive actuelle le 4 février, selon les militants. Des ONG redoutent une crise humanitaire «majeure».
A Damas, les forces de sécurité ont ouvert le feu pour disperser une manifestation dans le quartier de Mazzé, faisant au moins 15 blessés, selon l’OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC) qui organisent la mobilisation sur le terrain.
L’Union européenne renforce ses sanctions
Au niveau international, l’Union européenne va renforcer fin février ses sanctions contre Damas avec un embargo sur les exportations syriennes de phosphate, un gel des avoirs de la banque centrale et une interdiction du commerce des diamants et métaux précieux.
Alors que la Ligue arabe doit tenir dimanche au Caire une réunion sur la Syrie, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a souligné la nécessité pour la «communauté internationale» d’agir. Et le roi Abdallah d’Arabie saoudite a estimé que la confiance dans l’ONU avait été «ébranlée» après le veto russo-chinois. A Doha (Qatar), des centaines de personnes ont participé à un rassemblement en soutien à la révolte syrienne à l’appel de l’Union internationale des oulémas (UIO), qui a récolté des fonds pour l’opposition et appelant à une intervention militaire arabe en Syrie.
Le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a estimé vendredi à Genève que le Conseil de sécurité devait saisir la Cour pénale internationale (CPI), rappelant qu’une commission d’enquête des Nations unies avait conclu que des crimes contre l’humanité ont eu lieu depuis mars 2011 en Syrie. Mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a accusé l’Occident de s’être rendu complice de l’aggravation de la crise en soutenant les opposants.
Etats-Unis et Italie d’accord pour une nouvelle mission de la Ligue arabe
Les Etats-Unis et l’Italie soutiennent les efforts de la Ligue arabe et «son intention d’envoyer une nouvelle mission d’observateurs» en Syrie, a affirmé vendredi dans une interview au journal La Stampa, le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi. Selon le ministre italien, «cette mission pourrait être soutenue par un groupe d’Amis du peuple syrien ou de la démocratie, composé de la Ligue arabe, du Conseil de coopération du Golfe et de l’Union européenne». Dans ses conversations avec Hillary Clinton, M. Terzi a souligné avoir évoqué les efforts «pour parvenir à une solution politique» en Syrie et «la forte déception face à la non approbation de la résolution de l’ONU qui aurait donné à (Bachar El-)Assad un signal précis pour sortir de la scène ou mettre fin à la violence». L’option militaire n’a en revanche pas été sérieusement envisagée dans le dialogue entre Italie et Etats-Unis, selon M. Terzi.
Pas de mots clés pour cette publication


Laisser une réponse