LA PERSONNALITÉ d’Abdul Mansour, le soldat afghan qui a abattu de sang-froid quatre militaires français et en a blessé quinze autres lors d’un jogging, reste difficile à cerner. L’homme, âgé de 21 ans, a été arrêté et une enquête est en cours. S’agit-il d’un insurgé infiltré dans les rangs de l’Isaf? D’un Afghan «frustré», mentalement instable, voire drogué, comme on en rencontre souvent au sein de la jeune armée afghane (ANA)?

«C’est un taliban manifestement infiltré depuis longtemps», dans les rangs de l’armée afghane, a déclaré dimanche le ministre de la Défense, Gérard Longuet, après s’être entretenu avec un officier afghan. Ce dernier lui a expliqué qu’Abdul Mansour avait déserté une première fois. Il serait alors passé au Pakistan avant de s’engager à nouveau. De quoi se poser quelques questions sur la rigueur des critères de recrutement au sein de l’ANA…

« L’armée des fumeurs de haschisch»

«Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), “une majorité” d’Afghans souffrent de dépression et d’angoisses et “presque la moitié” présentent des symptômes post-traumatiques et de stress ; cela s’applique bien sûr aux policiers et aux militaires», relève dans le quotidien allemand Tageszeitung Thomas Ruttig, du think-tank basé à Kaboul, Afghanistan Analysts Network (AAN). La drogue, enfin, est un énorme problème. Les jeunes recrues afghanes en feraient un usage inconsidéré, ce qui vaut à l’ANA d’avoir été surnommée «l’armée des fumeurs de haschisch», comme le souligne le site américain Huffington Post.

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