Ces 313 bandes qui écument la France
Composes de jeunes de plus en plus violents n’hsitant plus attaquer frontalement les forces de l’ordre, pas moins de 313 bandes cument le pays. l’origine d’une bataille range presque chaque jour en mtropole, leur activisme croissant s’est sold en 2011 par un bilan de six morts et 252 blesss. Cet difiant constat mane d’une note de la sous-direction de l’information gnrale (Sdig, ex-renseignements gnraux) de la Direction centrale de la scurit publique.
Le document confidentiel, dat du 19janvier dernier et que Le Figaro a pu consulter, brosse la radioscopie d’un phnomne qui gangrne la vie des quartiers et inquite le ministre de l’Intrieur. Pour la premire fois, les analystes ont procd un indit toilettage dans l’identification et le nombre des bandes. Un bilan prcdent, faisant tat de 600bandes n’tait plus jour, concde un fonctionnaire de haut rang. Nous avons limin les structures inertes pour ne retenir que les gangs vraiment actifs, articuls autour d’un noyau stable de “cads” capables de passer l’action pour contrler leur quartier, se battre contre des rivaux ou les forces de scurit intrieure…
Rixes communautaires
D’emble, le rapport rvle que l’activit des 313 bandes varie selon des fluctuations saisonnire. Le nombre des affrontements, estims 27 en juin et 24en septembre, reflue une dizaine en juillet et aot. Les dparts estivaux hors du territoire national de certains jeunes et les vacances scolaires expliquent cette baisse, dcrypte le rapport. Ceux qui restent dans leur quartier ne sont plus influencs par l’effet de groupe….
Si une part des rixes a pour origine la recherche du monopole sur des trafics de stupfiants ou l’affirmation d’une supriorit sur un territoire donn, les experts s’attardent sur quelques rixes communautaires.
Ainsi, prcise la note le quartier sensible de Bourtzwiller Mulhouse (Haut-Rhin) a t le thtre d’affrontements violents le 10septembre 2011 entre une quarantaine de Tchtchnes et une centaine de Maghrbins fortement arms (Flash-Ball, fusils de chasse…). Des Mahorais ont t quant eux stigmatiss pour leur manque d’intgration Lons-le-Saunier (Jura). Et ils ont subi des attaques l’arme blanche dans un quartier sensible de Limoges (Haute-Vienne) car ils taient accuss de ne pas respecter les codes de la cit.
Soulignant que 246 des 331affrontements recenss taient arms en 2011, soit 74,32% des cas (contre 63,84% en 2010), le document dplore une spectaculaire monte de la violence lors des rixes qui accentue le sentiment d’inscurit parmi la population. 61 reprises, les armes feu ont parl en 2011, contre 43fois l’anne prcdente, pour se protger d’autres bandes ou pour se livrer des vols qualifis, des intimidations, des extorsions de fonds ou encore des ventes de stupfiants.
Tournevis et marteaux deviennent des armes
Face aux risques d’interpellation pour port d’arme prohibe, les membres des bandes utilisent des objets quotidiens passe-partout (tournevis, marteaux, bquilles), observe la Sdig. Pour chapper la nouvelle lgislation condamnant la participation une bande violente, les dlinquants utilisent des nouvelles armes par destination, dont les armes lectriques de dfense de type “choqueur”. En vente libre sur Internet, elles envoient une intense dcharge au contact de la cible. Associes l’usage de lacrymogne, leur emploi peut avoir des consquences tragiques.
Comme ce 26novembre dernier, lorsqu’une dizaine d’individus encapuchonns ont asperg de gaz un voyageur de 18ans prs de Canteleu (Seine-Maritime) avant de lui faire subir une dcharge. Immdiatement, le visage du jeune homme s’embrasait, dtaille la note. Les flammes s’tendaient plus de 50 centimtres autour de la tte de la victime. Celle-ci, qui ne faisait partie d’aucune bande, a t grivement brle. Les auteurs, interpells dans la foule, et qui n’avaient jamais crois leur proie auparavant, taient gs de 17 ans peine.
Culte de l’argent facile
La part des mineurs impliqus est en forte hausse, relve le rapport. Dsormais, ils reprsentent 56% des 992 aficionados de gangs interpells, contre seulement 40% en 2010. Depuis plus d’un an, les constitutions de bandes juvniles (moins de 13 ans) sont dtectes dans plusieurs cits d’Ile-de-France, prviennent les experts. Imitant le comportement des “grands” qui leur servent de rfrence en l’absence d’autorit parentale, ces jeunes s’approprient leurs “valeurs”.
En qute d’affirmation et de reconnaissance, ils utilisent intensivement les rseaux sociaux (Facebook, Skyblog, Twitter…) pour cultiver une image rsolument ancre dans le culte de l’argent facile et de la violence arme…
la pointe de la riposte, le plan Bandes initi par le prfet de police Michel Gaudin s’est sold en Ile-de-France par une baisse de moiti des gangs – 46contre 86 – et un repli de 9% des violences urbaines. Soit un millier de faits en moins.
Guant propose de crer une mission interministrielle
la recherche d’un outil de pilotage parfaitement adapt頻 la problmatique des bandes violentes, Claude Guant, qui se dplace vendredi Cergy (Val-d’Oise) sur ce thme, a, selon nos informations, propos Franois Fillon la cration d’une Mission interministrielle de lutte contre les bandes (Milb). Semblable la Miviludes charge des sectes ou de la Mildt centre sur la toxicomanie, cette structure pourrait tre pilote par un lu de terrain et un secrtaire gnral, issu de la haute administration. Objectif: procder des analyses plus fines pour dgager des rponses oprationnelles. Hier encore, 28 personnes ont t interpelles la Dfense (Hauts-de-Seine) par la police parisienne qui affirme avoir djou une possible rixe entre bandes rivales
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